La 22e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22) se déroulera du 7 au 18 novembre au Maroc…et je ressens déjà un profond malaise, eh oui.

Des enjeux majeurs seront discutés à cette COP 22. Nous sommes en effet dans un moment crucial de l’humanité. Je ne vous apprends rien.  La COP 22 devra s’inscrire dans l’action pour concrétiser les différents axes retenus dans l’Accord de Paris, « notamment ceux qui ont trait à l’adaptation, la transparence, le transfert de technologies, l’atténuation, le renforcement des capacités et les pertes et préjudices » ( site de la COP 22)

Il reste que le comité de pilotage de la COP 22 (désigné par le roi Mohammed VI), est composé cette année de 11 membres, et bien qu’il ait attribué un rôle stratégique à l’une d’elle, seulement deux femmes seront partie prenante de celui-ci. De plus, en ce qui a trait aux chefs d’État qui composent le «comité décisionnel », il serait surprenant que la situation soit totalement différente de l’année dernière. En effet, en 2015, 11 femmes seulement, sur un total de 150 chefs d’État, étaient présentes.

Pourquoi faire un tel cas de cette situation ? Je vous explique.

Je ne suis pas la première à vous apprendre que les femmes sont largement sous-représentées dans les instances, et ce, à travers le monde. Il n’est pas vrai que les systèmes politiques mondiaux soient représentatifs et surtout, accessibles à la grande majorité des femmes. Cela a comme conséquence que les chefs d’État présents à cette COP 22 seront majoritairement des hommes. Ils sont élus (ou non) par les citoyens et proviennent de sociétés où parfois la voix des femmes est peu entendue et où la participation au « monde’ politique peut être difficile et diminuée.

Il faut aussi comprendre que les femmes sont reconnues comme étant des agentes de changement dans la lutte aux changements climatiques, puisqu’elles possèdent des connaissances et des compétences spécifiques leur permettant de contribuer efficacement à l’adaptation et à l’atténuation des changements climatiques. De plus, l’Accord de Paris sur le climat reconnaît (enfin) que les femmes sont plus vulnérables aux changements climatiques que les hommes. Bref, elles sont au coeur même de la lutte aux changements climatiques, mais ont et auront difficilement accès au pouvoir, entre autres, au sein de la COP 22.

Alors, la question demeure : comment peut-on s’attendre à une lutte aux changements climatiques efficace et représentative des intérêts de chacun lorsque les femmes, en grande majorité, sont écartées de l’instance des Conférences des Nations Unies sur les changements climatiques ?

La femme, lors de cet événement, peut manifester, protester, informer, organiser, rassembler, bref, elle a de grandes possibilités, mais elles demeurent malheureusement limitées,  en marge du processus décisionnel, à devoir se battre et à se faire entendre. En effet, lors de la COP 21 en 2015, plusieurs groupes féminins du mouvement environnemental étaient présents à Paris, notamment les organismes phares américains Women Gender Constituancy et Women climate justice. Lors de l’événement, ils ont réussi à regrouper des milliers de femmes et d’hommes intéressés par les questions du « genre » dans la lutte aux changements climatiques, de l’égalité homme-femme et de la sous-représentation féminine dans le cadre des négociations officielles de la COP 21. Il reste qu’elles n’avaient pas accès au pouvoir décisionnel. 

Il faut alors se poser la question et agir.

Comment peut-on faire en sorte que les femmes soient davantage représentées  ? Les Nations Unies devrait-elles mettre sur pieds un processus décisionnel accordant un plus grand pouvoir aux femmes ? Ne devraient-elles pas repenser au fonctionnement de ses conférences qui reposent en grande partie sur le « politique » et qui, malheureusement, est actuellement dominé par les hommes ? Cela ne pourrait-il pas être, par exemple,  la mise sur pieds d’un comité international composé d’expertes féminines (et il y en a beaucoup !) sur le climat qui détiendrait un pouvoir décisionnel important ? Bref, les idées ne manquent pas et les possibilités non plus. 

Il faut seulement se poser la question à présent et voir cette structure évoluer. On ne peut malheureusement pas continuer de la sorte sans ressentir un malaise…un très gros malaise…